Les relations entre l'Inde et le Cambodge ont favorisé l'introduction des divinités hindoues dans le royaume khmer. Le dieu Civa est ainsi largement représenté, le plus souvent sous la forme d'un linga, c'est-à-dire un pilier de pierre rappelant un phallus.

Ce dernier est composé de trois parties.

La seule partie visible - de forme cylindrique - correspond au dieu Civa. La partie centrale - de forme octogonale - représente le dieu Vishnu tandis que la base - carrée -symbolise le dieu Brahma. 

 

Situé à l'intérieur d'un temple, le linga est vénéré et reçoit les mêmes attentions qu''une autre statue de dieu.

Lorsqu'il est monté sur un piedestal, cet élément est surmonté d'une représentation stylisée de l'organe féminin et prend le nom de yoni, ce qui signifie la " matrice ". Un bec permet aux fidèles de recueillir l'eau lustrale (1).

La yoni est un synonyme de fertilité et par extension de prospérité.

Sur la photo suivante, on voit un immense linga reposant sur une yoni, reconnaissable à sa forme carrée. Une série de lingas a été sculptée dans le lit de la rivière afin de purifier l'eau qui alimente la ville royale d'Angkor.

 

 

Sur la photo suivante, on retouve le linga ou phallus et la yoni. Le bec pour l'écoulement de l'eau est visible sur la partie gauche du carré. Si ce linga est aujourd'hui au ras du sol, il y a des chances qu'il possède un piedestal.

 

A Angkor, on peut voir des lingas à Phnom Bakheng, au sommet du sanctuaire, à l'intérieur du Bayon, dans la section nord de la galerie et sur un bas-relief du pavillon d'angle sud-est. 

Les photos, qui accompagnent ce post, appartiennent au site de Kbal Spean, au nord d'Angkor. Pour voir le post concernant ce lieu, cliquer ICI.

A Roluos, il existe 3 groupes de temples, dont celui de Preah Kô, où l'on retrouve la présence du dieu Civa.

(1) Eau lustrale : eau servant à purifier.

Référence bibliographique : Jacques (Claude) et Freeman (Mickael), Angkor, cité khmère, éditions Olizane, 240 pages.