Malaise social.

En raison de mes études, je reste toujours attentive aux mouvements de foule, aux manifestations, aux révoltes, dans notre pays ou dans n'importe quelle région du monde.

Ce matin, à la radio, quelque chose m'a interpellée. Pour justifier la violence de ces derniers jours, quelqu'un mettait en cause explicitement les partis de gauche, déclarant qu'ils attisaient cette violence. Certains, ne semblent pas avoir pris la mesure du malaise général latent.

Les hommes politiques, de droite ou de gauche, ne m'intéressent plus. Même combat... pour les prochaines élections... gesticulations pour leur intérêt personnel. Par conséquent, ma remarque ne fait appel à aucun parti pris.

Tensions dans le monde du travail, crise financière, prises d'otages de cadres ou de dirigeants, violences urbaines, morosité... Et puis, les faits qui fâchent... des banques sauvées par l'argent public - pour ne citer que la Société générale - mais qui conservent leurs mauvaises habitudes, des patrons qui partent avec des primes indécentes – et le terme est en-dessous de la réalité -ou des entreprises qui affichent de gros bénéfices mais qui licencient. Société du profit me direz-vous...

J'ai aussi mal pour cette jeunesse, celle qui se tait comme celle qui passe à certaines formes de contestations, y compris la violence. Des casseurs sans motivations ? Ok !

Mais quel avenir pour nos enfants ? Pour nous-mêmes ? On ne sait pas de quoi sera fait demain ?

« Travailler plus, pour gagner plus « Joli slogan Monsieur le Président ! Dommage qu'il n'en va pas de même dans la réalité !

Ne voit-on pas parfois « travaillez plus, sans compensations financières, et vous ne serez pas licencié «.

Attention à ne pas sous-estimer le malaise ambiant !

Pour avoir travaillé pendant des années sur les révoltes au XVIIIème siècle, j'ai appris, modestement, à percevoir certaines choses.

Bien des historiens considèrent encore aujourd'hui que la révolution de 1789 n'a pas été précédée d'un vrai malaise social. On met souvent en avant la révolution des idées avec l'influence des Lumières, la volonté de la bourgeoisie à jouer un rôle politique. On oublie une chose essentielle. Les archives du XVIIIème siècle mettent en évidence des centaines de révoltes dans les provinces. Le phénomène est encore difficile à évaluer, car toutes les régions n'ont pas été étudiées. Lors de mes recherches sur le sujet, j'avais été frappée par leur nombre. Les troubles sont le plus souvent modestes, localisés à un hameau, un village et ils sont noyés dans l'importance des archives. Il est vrai que dans ce contexte, ils apparaissent insignifiants face aux grandes révoltes du XVIIème siècle. Et pourtant, un malaise existait, diffus, mais semble-t-il profond. Impôts, arrestations par la maréchaussée, hausse des prix des céréales, tout était prétexte à la révolte.

Alors, aujourd'hui, je me dis Basta !

On en a marre des donneurs de leçons, qui n'appliquent pas les règles !

On en a marre de la dégradation des conditions de travail !

J'en ai marre qu'on me prenne pour une demeurée ! La France d'en Bas ! Qui est le crétin prétentieux qui a osé juger les gens qui bossent ou ceux qui n'ont pas cette chance !

Réveillez vous mesdames et messieurs de la France d'en haut ! Regardez nous ! Ce peuple que vous ignorez ! Sortez de votre bulle dorée !

Nous sommes dans une démocratie... ne l'oubliez jamais ! Le pouvoir appartient au Peuple !

Et aujourd'hui, le Peuple est fatigué de vous entendre parce que vous ne nous entendez plus depuis longtemps !

Alors, moi, je ne vous écoute plus non plus !  je ne vous regarde plus gesticuler sur les pages glacées des revues people !