La baie du Mont-Saint-Michel couvre environ 50 000 hectares, entre les côtes bretonnes, à l'ouest et les côtes normandes à l'est. Cet espace s'est constitué il y a environ 8 000 ans.  Après la baie du Mont-Saint-Michel, le marais maritime d'Yffiniac, dans les Côtes d'Armor, constitue le plus vaste espace de prés salés de la côte nord bretonne.

 

                                        LA BAIE DU MONT SAINT MICHEL  

 

Source : Spotimage.

 

Dans cette région, la marée est un phénomène exceptionnel, parfois dangereux pour les imprudents, se faisant pièger par la marée montante. Celle dernière met seulement 5h 30 à monter en raison de la configuration du terrain. En revanche, elle redescend en  6h 30.  La sédimentation y est très  active. Ainsi, environ 6 000 tonnes de sédiments se déposent chaque jour en moyenne, ce qui a provoqué une remontée du sol de 15 m depuis 8 000 ans.

Ceci est à l'origine de l'ensablement du Mont-Saint-Michel, mais pas seulement, car les aménagements anthropiques ont accéléré le processus naturel. La poldérisation, qui remonte au Moyen-Age, a amplifié le phénomène. A la fin du XIX ème siècle, la construction de la digue menant au Mont-Saint-Michel a aussi modifié les courants marins et provoqué une accumulation de sable plus importante.

 

                                  POLDER DANS LA BIAE DU MONT SAINT MICHEL

 

Les polders de la baie remontent au Moyen-Age. Ils ont été créés avec l'aide technique des hollandais.  Les digues sont plantées de saules ou de peupliers, car ils ont sont gourmands en eau. Les premiers arbres plantés périssaient très vite en raison du taux élevé de salinité. On en replantait donc aussitôt. Aujourd'hui, les cultures sont constituées de céréales, de fruits et de légumes. Le polder ci-dessus est ensemencé de maïs, céréale qui demande un apport important en eau. Mais sur ces terres humides, il n'est que rarement nécessaire de pratiquer l'irrigation.

La baie est connue pour de multiples raisons, mais pour les amateurs de cuisine, elle est aussi renommée pour ses moutons de prés salés. Ces surfaces représentent environ 4 000 hectares. Ils appartiennent au domaine maritime, qui les loue aux communes. Celles-ci les sous-louent à des agriculteurs. On entend souvent dire que les moutons sont amenés durant seulement trois semaines sur les prés salés pour leur donner cette saveur particulière. En réalité, ils doivent rester 300 jours pour bénéficier de l'appelation " mouton de prés salé ".

 

                              LES MOUTONS SUR LES PRES SALES DE LA BAIE

 

Les moutons ont les pattes noires, car ils proviennent d'un croisement avec le mouton de l'avranchin, c'est-à-dire de la région d'Avranches.

Dans ce type de milieu, on distingue la slikke et le schorre. La slikke est un espace recouvert deux fois par jour par la marée montante. C'est le domaine de la salicorne, qui accompagne agréablement un plat de poisson.

Le schorre ou pré salé, n'est immergé que lors des grandes marées, ce qui permet à la végétation de coloniser l'espace. Il est parcouru par des criches.

                                   

                      CRICHE ET PELOUSE A FERUQUE ROUGE ET A CHIENDENT

 

 

 

les prés sont recouverts épisodiquement par l'eau de mer.  La flore y est donc tout à fait particulière. Les plantes sont appelées halophiles en raison de leur tolérance à la salinité de l'eau.

 

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