POURQUOI LA CONSTRUCTION D'UNE NOUVELLE CATHEDRALE ?

    Commandée par l'évêque Maurice De Sully  dans la seconde moitié du XIIème siècle ( vers 1160) , la construction de Notre-Dame s'achève au début du XIVème siècle. Elle bénéficie alors de l'évolution des techniques de construction qui se mettent en place au cours de ce siècle.

Il existe déjà une cathédrale romane, mais les besoins d'une population, en forte augmentation au XIIème siècle, sont à l'origine du nouvel édifice.

En 1711, un mur gallo-romain ainsi que les murs d'une église mérovingienne sont mis à jour.  En 1847, Viollet-le-Duc découvre sous le parvis les murs arasés d'une basilique. Ces vestiges attestent d'une continuité religieuse sur le site.

 

 

 

                                                 PLAN DE NOTRE DAME

 

SOURCE : Coloni (Marie-Jeanne), Notre-Dame de Paris, éditions du Signe, 203, p. 13. Cet ouvrage, très précieux pour comprendre l'architecture de Notre-Dame, est en vente à la librairie, située à l'intérieur de l'édifice.

La cathédrale, en forme de croix latine,  fait 48 m de large par 120 m de long pour une surface de  5 500 m². Elle est composée de 5 nefs. La voute s'élève à 35 m de haut.

Ses dimensions imposantes auraient permis d'accueillir jusqu'à 7 500 fidèles.

Les travaux commencent par le chevet, c'est-à-dire par la partie Est, symbole de la renaissance du Christ. 

 

LES MATERIAUX DE CONSTRUCTION.

Notre-Dame est construite en calcaire de la région parisienne. Les analyses des historiens laissent supposer que le bois venait des forêts du Morvan.  Il s'agit de bois flotté, mis à sécher. Ce procédé naturel explique le bon état  de conservation de la charpente.

La toiture est en plomb.

Il est d'usage de réutiliser des éléments de l'édifice précédent. Notre-Dame ne fait pas exception à la règle. Le portail droit de la facade ouest ornait la facade de la précédente construction. Sculpté vers 1140, il est modifié puis intégré à la facade gothique.

 

                                                 LE PARVIS DE NOTRE-DAME

 

 

Le parvis médiéval de Notre-Dame était moins important que celui d'aujourd'hui.  Il a été modifié par le baron Haussmann au cours de la seconde moitié du XIXème siècle. Un plan du XVIIIème siècle, conservé au musée Carnavalet, à Paris, permet de s'en faire une idée.

Sur le sol du parvis, on distingue le tracé de petits sanctuaires, construits au IXème siècle. Ils accueillaient  les reliques des églises, qui craignaient les pillages des invasions barbares.

Ils ont été détruits par le baron Hausmmann.

 

                                                FACADE OUEST DE NOTRE DAME

 

 

Traditionnellement, la facade ouest d'une cathédrale gothique a une forme en H et se compose de deux tours. Celles-ci sont parfois surmontées de flèches, ce qui n'est pas le cas à Notre-Dame. Les difficultés financières peuvent en être à l'origine, mais dans le cas de notre édifice, il semble que ce soit un choix initial. Cependant, les historiens ne sont pas d'accord puisque certains affirment qu'elles sont restées inachevées. Elles ont été édifiées vers 1250 et s'élèvent à à 63 m de haut.

Au Moyen-Age, cette facade était couverte de peintures. Les traces de couleurs et des témoignages médiévaux le confirment.

La présence de trois portails se justifie par l'importance du nombre de croyants à accueillir.

Le portail Sainte-Anne - situé à droite - est l'une des parties les plus anciennes de la cathédrale. Celui-ci décorait le précédent édifice et a été remonté sur le nouveau monument après quelques adaptations. 

 

                       PORTAIL CENTRAL. FACADE OUEST

 

 

Le typan  du portail central met en scène le Jugement Dernier. Dans les ébrasures se tiennent les apôtres.

Pour consulter le détail du jugement dernier, cliquer ICI.

 

                                       LA GALERIE DES ROIS DE JUDA

 

  

Les trois portails sont surmontés d'une galerie, composée de 28 statues, qui portent le nom de " rois de Juda ".  Elles ont parfois été confondues avec des représentations des rois de France. Cette confusion a provoqué leur destruction au moment de la Révolution française.  Quelques unes ont été retrouvées en 1977 et sont aujourd'hui exposées  au musée d'histoire médiévale de Cluny.

 

        ROSACE DE LA FACADE OUEST         

Réalisée en 1220, la rosace centrale, de 9,60 m de diamètre, se compose d'une vierge couronnée à l'enfant. 

Ils sont entourés d'Adam et Eve.

Ces statues ont été  reproduites au cours des restaurations de Viollet le Duc au XIXème siècle, mais elles existaient à l'époque médiévale.  

 

 

 

                                   DETAIL DE LA ROSACE  (facade ouest)

 

    La cathédrale est dédiée à Marie, d'où le grand nombre de représentations de la Vierge.

Sur la rosace de la facade occidentale, il sagit d'une vierge à l'enfant, couronnée. Le couronnement de la vierge,plusieurs fois présent dans l'édifice, donne une place importante à Marie dans la hiérarchie céleste.

    

                                                  LE TRANSEPT SUD

 

Au milieu du XIIIème siècle, les bras des transepts sont allongés, avec des entrées somptueuses. celle du transept sud était l'entrée de l'évêque.

Chaque transept comporte deux rosaces, dont l'une se trouve sur le pignon.

                         

                                                     LA FLECHE

 

A la croisée du transept, la flèche s'élève à 90 m au-dessus du niveau du sol. Abattue au cours de la Révolution Française, elle a été  reconstruite en 1859 par Viollet le Duc. Elle s'inspire de la flèche de la sainte chapelle, toute proche.

                                       

                                                DETAIL DE LA FLECHE

 

 

A la base de la flèche, les douze statues de cuivre des apôtres ainsi que les quatre évangélistes veillent sur l'édifice. Ils sont réalisés au milieu du XIXème siècle par Geoffroy Dechaume.On dit que Saint Thomas, patron des architectes, reconnaissable à sa règle, représente le visage de Viollet le duc. L'architecte, qui a travaillé sur la cathédrale de Clermont, en Auvergne, a ainsi posé sa signature sous la forme d'un rapace au niveau de la toiture.

On reconnaît certains apôtres à leur attribut. Ainsi, à gauche du cliché, St Barthélémy tient un couteau dans sa main droite, au milieu, St André et sa croix, à sa droite, St Paul et son épée.

 

UN EDIFICE EN PERIL AU COURS DU XIXème SIECLE.    

    A partir de la Révolution Française, l'édifice subit des dégradations. Au cours des années 1792-1793, les statues des rois sont déposées et la flècle est détruite. La cathédrale n'est  plus entretenue et se dégrade progressivement au cours du XIXème siècle.

Entre 1844 et 1864, une campagne de restauration est menée par les architectes Viollet le Duc et  Lassus. Bien des reproches ont été fait à Viollet le Duc sur ses méthodes de restauration, mais Notre-Dame garde cependant un style homogène.

 

                         MAQUETTE AVANT LES RESTAURATIONS DU XIXème SIECLE

                                              ( Musée Carnavalet, Paris).

 

La maquette représente la cathédrale avant les restaurations, avec le portail central, modifié par Soufflot en 1771.

 

 

Elle permet de voir des maisons, insérées dans les contreforts de la tour nord. Dans l'une d'elles résidait le sonneur de Notre-Dame.

Carton-pâte et bois polychromes, échelle : 1/144e.

Si les méthodes de Viollet le Duc sont parfois aujourd'hui contestables, elles appartiennent au XIXème siècle. Il nous ne reste notamment le bestiaire que l'on peut admirer en emprun-tant les tours de Notre-Dame pour rejoindre la galerie des chimères.