Derrière la fenêtre, le jardin sommeille sous une mince couche de neige immaculée. A cet instant, mon esprit vagabonde au-delà de ce paysage bucolique. Je marche sur l'allée, qui mène aux tombeaux des Mings, près de Pékin. Je ferme les yeux et j'imagine.... J'aime ce lieu hors du temps, magnifié par la neige, lorsque les longs personnages de pierre semblent figés pour l'éternité. Et pourtant, la finesse des détails, l'habilité des artistes d'un autre temps leur donnent un semblant de vie. Eux aussi sommeillent sous leur épais manteau de neige. Pas un bruit en dehors de celui de mes pas feutrés. J'aimerais infiniment les voir sous la neige...

                         Fonctionnaire


                             Soldat

                          Cheval

Magie des lieux, magie des voyages.

Cette jolie maladie remonte parfois à l'enfance, lorsque les premiers livres arrivent au pied du sapin de Noël. Voyage à travers les mots et les photos, voyages imaginaires, qui vous emportent déjà à l'autre bout du monde.

Ne vous est-il pas arrivé, une fois au moins dans votre vie, de vous dire : «  je suis déjà venue, je reconnais les lieux, enfin presque «  ? Par deux fois, cette réflexion m'a interpellée, à Teotihuacan, au Mexique, en voyant les pyramides du soleil et de la lune, puis en contemplant le Machu Pichu au Pérou. Sentiment étrange. Magie des livres.

Aujourd'hui, ils restent mes compagnons, ceux du quotidien, ceux qui précèdent le prochain voyage. Alors, curieusement, le premier ouvrage que j'ai ouvert pour découvrir le Japon est La troisième jeunesse de Madame Prune de Pierre Loti. Pour la troisième fois, je vais suivre ses pas, après le Pérou et le Cambodge. Heureux hasard des choses. Voici, à nouveau, l'occasion pour moi d'apprécier la plume légère de Monsieur Loti.

En ce début d'année, où chacun prend de bonnes résolutions rarement tenues, j'ai décidé de commencer ma troisième jeunesse. Un peu tard me direz-vous ! J'ignore encore ce qu'est la troisième jeunesse de Madame Prune, mais j'envisage la mienne comme le début d'un peu d'insouciance, au moment où nos enfants commencent à devenir autonomes et nous permettent un peu de liberté. Au risque que de choquer, j'ai aussi envie d'être un peu égoïste, penser à moi, juste à moi... parce que cela permet de ne pas se perdre... Ces derniers temps, Millebornes a fait bien des pas inutiles, mais il n'est jamais trop tard pour y remédier n'est-ce pas ?