Pour le commun des mortels, le terme samouraï renvoie à l'image d'un guerrier japonais, muni d'un long sabre et vêtu d'une armure et d'un casque impressionnants par leur complexité. Pendant longtemps, ils me faisaient penser à une étrange carapace.

Alors, je suis partie à leur rencontre à travers la lecture du livre de Thomas D. Conlan, universitaire et spécialiste dans ce domaine très technique.

Lors de notre séjour au Japon, ces armures ont continué à m'impressionner.

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ORIGINE ET EVOLUTION DU GUERRIER SAMOURAÏ.

D'un point de vue étymologique, samouraï signifie «  celui qui sert « , ce qui sous-entend l'obéissance à un seigneur. Par conséquent, les grands chefs de clans des XIIIe et XIVe siècles ne peuvent rentrer dans cette catégorie.

Cependant, la signification du terme a évolué pour désigner l'ensemble des guerriers japonais.

Cette dépendance du samouraï envers un seigneur renvoie aux liens féodos-vassaliques de l'Europe médiévale.

A la fin du XVIe siècle, le statut de samouraï est cadré par une décision de Toyotomi Hideyoshi – dirigeant japonais- qui impose un choix aux guerriers :

1° . être samouraï mais renoncer à leur terre, en échange d'un salaire, du privilège de porter deux sabres, voire de mettre à mort un homme du peuple en cas de manque de respect envers le samouraï,

2° . ou garder leur terre, l' exploiter en homme libre et s'acquitter de taxes foncières mais renoncer au droit de port d'armes.

Cette décision ne fait pas l'unanimité au sein de la population, dans la mesure où celle-ci y a accès.

Par ailleurs, les grands propriétaires sont très attachés à leurs propriétés.

Difficilement applicable, en raison des résistances.

A partir du XVIIe siècle, le samouraï est d'abord un fonctionnaire, qui pratique les arts martiaux. Cette évolution repose en partie sur la paix, qui s'instaure sur l'archipel japonais.

Le salaire perçu par le samouraï s'effectue alors en riz.

Au cours du XIXème siècle, la rémunération des samouraïs s'avère une lourde charge pour l'état, ce qui se traduit par un appauvrissement de ses membres.

Leurs salaires se transforment en obligations, détournant les samouraïs de leur activité traditionnelle, qui travaillent désormais dans différents secteurs économiques.

Il existe différentes catégories de guerriers, à savoir :

les cavaliers,

les fantassins,

les piquiers.

1° . Les cavaliers.

Le cheval constitue un bien rare et précieux. Il fait l'objet de toutes les attentions.

Selon les spécialistes, le cheval japonais se rapproche davantage du double poney, proche du cheval mongol. Dans ce contexte, Il semble difficile de les protéger lourdement et encore moins de leur faire supporter un cavalier équipé d'une armure pesante.

L'ARMEMENT

1° . L'arc.

Jusqu'au XVIe siècle, la base de l'équipement d'un samouraï se compose d'un arc et de flèches. Il sert autant au cavalier qu'au fantassin.

L'archer devient plus performant à partir du XVe siècle lorsqu'il bénéficie d'une véritable formation.

2° . La pique.

Elle se développe à partir du XIVe siècle. Bien organisée, la phalange peut décimer une cavalerie.... fait assez rare lorsque l 'on sait, que traditionnellement, la cavalerie a une force de frappe supérieure aux fantassins.

3° . Le sabre.

A l'origine, le sabre n'est pas une arme utilisée sur le champ de bataille mais une arme de défense, réservée dans le cadre de la vie privée, afin de parer à une agression au sein de la demeure.

A partir du XIVe siècle, le sabre très long est utilisé contre la cavalerie afin de blesser les jambes des chevaux.

Le long sabre – appelé katana – reste un accessoire de l'uniforme au XXe siècle. Inadapté aux nouvelles techniques de combat, il sera encore brandit au cours de la Seconde Guerre Mondiale lors des victoires sur les Américains.

4° . Les armes à feu.

Les premières armes à feu, inefficaces, arrivent sur l'archipel au début de la seconde moitié du XVe siècle.

Au XVIe siècle, les Portugais introduisent l'arquebuse.

Ce nouvel armement supplante les armes traditionnelles japonaisest à partir du XVIe siècle.

LE CODE DE L'HONNEUR.

Au XIVe siècle, le samouraï qui décède, voit ses terres confisquées, ce qui a bien évidemment des conséquences matérielles très importantes pour sa famille.

En revanche, au XVIIIe siècle, mourir les armes à la main souligne son appartenance à une élite.

LES GRANDES DYNASTIES SAMOURAÏ ET LEURS SIGNES DE RECONNAISSANCE. 

A . LES GRANDES DYNASTIES.

B .  LE DRAPEAU, CARTE D'IDENTITE DU CLAN

    Chaque famille possède sa propre bannière, signe de reconnaissance à l'instar des armoiries en Europe.

Il s'agit d'un drapeau blanc portant le symbole du clan. Les plus anciennes représentations remontent au XIIIe siècle.

Au cours de l'histoire, selon les alliances, le drapeau ne représente plus seulement la famille, mais le seigneur auquel on s'est rallié.

Le porte-drapeau est traditionnellement une cible de choix pour l'adversaire. Dans toutes les civilisations, la prise de la bannière de l'ennemi est un symbole de victoire, un trophée que l'on expose.

Il est important que chaque emblème soit distinctement identifié afin d'éviter toute confusion sur les champs de bataille, ce qui arrivait fréquemment.

LE SAMOURAÏ DANS LA CULTURE JAPONAISE.

    Le théâtre kabuki transmet la tradition du samouraï, même si le contenu  a remplacé la réalité. En effet, traditionnellement, le porteur de sabre l'emporte sur le piqueur, beaucoup plus efficace sur le champ de bataille. Mais le sabre est, par excellence, le symbole de la victoire, dans l'imaginaire populaire.